Dans le 17e arrondissement de Paris, l’élégance à trois niveaux

Au sommet d’un immeuble des années 70, dans le 17 arrondissement de Paris, un triplex redonne sens à la notion d’habiter. L’appartement, conçu à l’origine pour le promoteur lui-même, avait tout : la surface, la vue, la matière. Il lui manquait une histoire. C’est cette histoire qu’Olivia Charpentier, architecte associée de l’agence GCG Architectes, a voulu réécrire : une partition à trois niveaux où la lumière, la matière et le confort se répondent.

Le pari était audacieux : transformer le dernier étage, un ancien local technique de deux mètres de haut, en un lieu à vivre. « Tout l’enjeu était de redonner de l’habitabilité à un espace qui n’en avait pas », explique l’architecte. Là où la plupart auraient vu une contrainte, l’agence a imaginé le cœur du projet : une cuisine suspendue sur Paris, ouverte sur une terrasse d’où l’on aperçoit la tour Eiffel.

Une maison suspendue

Le plan s’inverse : les chambres descendent, la vie monte. Les volumes s’ouvrent, les circulations s’adoucissent, les seuils disparaissent. Les baies vitrées s’escamotent entièrement dans la façade, effaçant la frontière entre intérieur et extérieur. Au printemps, la cuisine double de taille et devient un jardin suspendu. Le choix des teintes, vert de gris et bois profond, prolonge cette idée de continuité naturelle.

Lignes, matières, équilibre

Le marbre d’origine, préservé comme un témoin du passé, dialogue avec un bois sombre et dense. L’escalier, gardé en place, a été simplifié : exit les volutes rococo, place à des lignes nettes, arrondies juste ce qu’il faut. Les miroirs vieillis, les cabochons et les enduits décoratifs signent une élégance patinée, où chaque détail semble respirer la mesure.

Dans le séjour, un grand miroir dissimule la technique et reflète les jeux de lumière sur le bois. La cheminée, inspirée de Carlo Scarpa, trouve un écho dans les dressings de la suite parentale : un fil discret relie les étages.

La lumière, signature invisible

Pour accompagner cette architecture feutrée, Kollectors a imaginé une lumière tout en retenue. Des faisceaux serrés révèlent les détails sans les surligner. Les projecteurs, à très basse luminance, disparaissent à la vue ; la lumière, elle, sculpte l’espace. L’allumage progressif évoque une respiration. Chaque scène – dîner, lecture, réception – se compose comme une atmosphère à part entière.

« La lumière devait être présente sans se montrer, comme une mise en scène silencieuse », confie un membre de Kollectors. Cette approche, toute en nuances, fait de l’éclairage un matériau au même titre que le bois ou le marbre.

Intimité et cohérence

Sous la terrasse, la suite parentale s’ouvre sur de grandes baies vitrées ponctuées de plantes. Un bureau et un dressing s’y glissent dans un ensemble de bois et de miroirs arrondis, adoucis. Les enfants disposent de deux chambres reliées par un espace de jeux modulable, baigné de lumière grâce à une verrière centrale.

Chaque ligne prolonge la précédente, chaque matériau s’inscrit dans une continuité. Rien ne tranche, tout s’accorde.

Un triplex comme une respiration

Entre rigueur et douceur, artisanat et technologie, ce triplex parisien réinvente la vie au sommet. L’intervention d’Olivia Charpentier et de son équipe traduit la philosophie de GCG Architectes : faire dialoguer la structure, la lumière et la sensibilité du geste. Kollectors y ajoute une dimension invisible : celle qui transforme un espace en émotion.

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